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خواطر :
الحياة الدنيا مثلها امرأة ، تراها من بعيد جمالا براقا لتكتشف أن كل شيء فيها مصطنع ... من رموش العين إلى احمرار الخدين والشفتين إلى طاقم الأسنان الناصع البياض...   (بلقسام حمدان العربي الإدريسي) . 

Algérie-France : La guerre de la mémoire

بواسطة: benaicha mohamed el amin  |  بتاريخ: 2013-09-17 ، الوقت: 17:18:46
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Algérie-France : La guerre de la mémoire     Benaicha Mohamed EL Amine   Depuis son émergence dans les années soixante-dix, la notion de mémoire occupe une place grandissante dans la politique extérieure de la France. Cette « ruée vers le passé » est marquée par une multiplication des commémorations, la revitalisation des lieux de mémoire, les lois mémorielles, et par un espace médiatique de plus en plus occupé par les questions historiques. Le passé est en France chose du présent, mais quel rôle y joue-t-il et quelle incidence peut-il avoir sur la politique étrangère? Cette question initiale nous a amenée à nous interroger sur le rôle que la mémoire a pu tenir en France  vis avis Les relations Algéro-Françaises.    Cette période est caractérisée par la présence d’une génération qui à un complexe vers l'Algérie indépendante, le passé ne l’encouragea pas vers un rapprochement avec l’Algérie. 51 ans après l’indépendance, les relations franco-algériennes restent un objet politique non identifié. Relation privilégiée certes, mais de quelle nature? Relation unique, plutôt, tant la passion, le ressentiment, l’incompréhension et le besoin d’amour jouent un rôle majeur et perturbant dans ce duo qui est tout sauf banal pour paraphraser le président Bouteflika,  Il ne s’agit pas ici de repasser 51 ans de relations bilatérales, un livre n’y suffirait pas , Aussi, après avoir replacé rapidement les rapports franco-algériens dans leur cadre politico-historique, s’attachera-t-on à analyser la période récente qui s’étend du coup d’Etat légal de janvier 1992 à la visite du président Bouteflika à Paris en juin 2000 qui, d’une certaine façon, clôt à la fois une période et le siècle. Les trente premières années des relations entre la France et l’Algérie indépendante ont été marquées par une symbolique forte de part et d’autre. Côté français, le général de Gaulle avait voulu en faire le symbole d’une nouvelle forme de coopération post-coloniale exemplaire aux yeux du monde. D’une certaine manière, il s’agissait, pour les gouvernants français, sauf un temps sous Giscard d’Estaing, de transformer la défaite politique de la France en Algérie en victoire universelle sur le terrain des principes et de la pratique des nouveaux rapports Nord-Sud. C’est pourquoi le gouvernement  français accepta-t-il sans mot dire la non-exécution des accords d’Evian par les Algériens ainsi que la longue suite d’avanies diplomatiques dont il fut l’objet. L’apogée de cette politique fut la signature de l’exorbitant accord gazier de 1982 qui marqua aussi le champ du cygne de cette période exceptionnelle. Côté algérien, derrière un discours fustigeant de façon cinglante l’ancien  colonisateur et s’indignant du moindre soupçon d’ingérence et d’atteinte  insupportable à la souveraineté nationale, la coopération s’organisa sincèrement dans tous les secteurs économiques, sociaux et éducatifs jusqu’à atteindre une ampleur aussi importante que discrète. Par ailleurs, la coopération technique et civile masqua une coopération militaire réelle jusqu’au milieu des années soixante-dix dont l’ampleur n’a pas vraiment été pesée à sa juste valeur (conseillers militaires, formation, vente de matériels). On en voudra pour exemple la découverte récente de la base secrète dite « B2 Namous », située près de Beni Wenif dans le Sahara, dont l’existence vient juste d’être révélée et qui testa des matériels chimiques français jusqu’en 1978, date de son démantèlement, alors même que la guerre du Sahara occidental avait commencé en 1976 et que Paris soutenait Rabat. D’une certaine manière, on peut considérer que la France fit preuve, dans sa relation post-coloniale, d’un aveuglement, fruit de sa mauvaise conscience, qui lui fit pieusement tirer un trait sur les tares du régime autoritaire et oligarchique qui se mit en place sous Boumediene et qui atteignit sa plénitude sous Chadli. Au cours de la même période l’intelligentsia progressiste française perdue dans ses schémas théoriques tressait des lauriers à la révolution industrielle algérienne. Qui plus est, la fascination incompréhensible que Mitterrand connut pour le président algérien acheva de cadenasser la position française. Il fallut attendre la crise et les émeutes d’octobre 1988 où l’armée algérienne tira dans la foule pour que se produise un salutaire électrochoc. La ruine économique et le chaos politique se rejoignaient dans la violence et ouvraient le champ aux islamistes, seule force politique alternative après trente ans de totalitarisme. La France paralysée par toutes ces années d’autisme ne pouvait que constater avec effarement que son modèle de développement préféré fonçait droit dans le mur. On voit donc que rien n’est simple dans les rapports franco-algériens : la France a eu pour l’Algérie nouvelle les yeux de Chimène; le discours critique ou carrément antifrançais a structuré le débat politique algérien alors qu’une coopération multiforme maille les deux pays et que l’interpénétration des deux sociétés est devenue une réalité.

 

La "lune de miel" avec Mitterand

François Mitterrand s'inscrit dans le droit fil de cette politique. On peut même parler, au début de son septennat, d'une véritable "lune de miel" entre les deux pays. Le premier entretien du président socialiste avec son homologue algérien, alors Chadli Benjedid, a lieu en octobre 1981 en marge du sommet de Cancun. Le Français vient d'y prononcer un discours consacré au "nouvel ordre économique mondiale", véritable plaidoirie pour la relance du dialogue Nord-Sud. L'Algérie apprécie. Un mois plus tard, le 30 novembre, François Mitterrand s'envole pour Alger. Son ministre des affaires étrangères, Claude Cheysson, parle d'un "coup de passion" entre les deux pays. Une passion dont Paris est prêt à payer le prix...  Au nom de l'exemplarité de la relation Nord-Sud qu'elle entend établir avec son ancienne colonie, la France accepte de signer, le 3 février 1982, un accord gazier dans lequel elle s'engage à payer le gaz algérien à un prix supérieur au cours mondial. Quelques mois plus tard, en décembre 1982, Chadli Benjedid est à Paris. Ce n'est qu'une visite de travail, mais c'est la première fois, depuis l'indépendance de l'Algérie, qu'un chef de l'Etat algérien est reçu à l'Elysée. "Il n'y a pas de nuages, ni même de brouillard dans les relations franco-algériennes" proclame Claude Cheysson. Le président algérien est de nouveau reçu, cette fois en visite d'Etat, en novembre 1983. L'hymne national algérien retentit pour la première fois sur le sol français et pour la première fois aussi un chef de l'Etat algérien ranime la flamme du soldat inconnu. Cette euphorie va se dissiper dès l'année suivante. Les Algériens accueillent avec suspicion la volonté affichée alors par François Mitterrand de lever les malentendus qui s'étaient instaurés avec le Maroc, et singulièrement sa rencontre à Ifrane avec le roi Hassan II, puis les efforts du président français pour trouver un terrain d'entente avec la Libye de Kadhafi sur le Tchad. D'autant que ces initiatives ont lieu au lendemain de la signature d'un traité "d'union" entre le Maroc et la Libye et qu'elles correspondent aussi au remplacement, au Quai d'Orsay, de Claude Cheysson par Roland Dumas.

L'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika

Les conditions de l'arrivée au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika en 1999 -une élection boycottée par tous les autres candidats- n'augurent pas d'un réel réchauffement entre les deux pays. Mais la mise en route, quelques mois plus tard, d'une politique de "concorde civile" encourage les Français à renouer le dialogue au plus haut niveau. Le réchauffement est également souhaité par un Bouteflika soucieux de redonner à l'Algérie une "voix" sur la scène internationale. Le chef de l'Etat algérien est reçu à Paris en visite d'Etat en juin 2000. Quelques mois auparavant, l'Assemblée nationale française avait officiellement reconnu que les "évènements" d'Algérie ayant conduit à l'indépendance étaient bien une "guerre". Près de quarante ans après! Au cours de cette visite, Bouteflika s'adresse, de la tribune de l'Assemblée nationale, aux députés français. Il affirme que l'Algérie veut entretenir avec les France des relations "extraordinaires, non banales, pas normales, exemplaires, exceptionnelles". En mars 2003, Jacques Chirac est à Alger. Une visite en grande pompe marquée par la signature d'une "déclaration" dans laquelle les deux pays s'engagent à établir un "partenariat d'exception". Le président français envisage un traité d'amitié. L'euphorie va cependant vite retomber. En février 2005, le Parlement français adopte une loi qui reconnaît "le rôle positif" de la colonisation. Pour l'Algérie, c'est une provocation. Certes, l'article litigieux sera abrogé par le président Chirac un an plus tard, mais cette loi portant "reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés" incite les Algériens à se lancer dans une campagne visant à obtenir la "repentance" de la France pour la période coloniale. Le traité d'amitié auquel tenait temps Jacques Chirac est enterré. Nicolas Sarkozy, qui se rend à se tour à Alger en 2007, évoque le caractère "injuste" de la colonisation mais se refuse à adresser à l'Algérie les "excuses" demandées. Les deux pays signent une "convention de partenariat" qui organise la coopération dans plusieurs domaines. Un "traité simplifié" qui a le mérite d'être concret mais qui ne change pas la donne politique. Et les Algériens ont dès l'année suivante un nouveau motif de crispation: l'arrestation en 2008 à Marseille d'un diplomate algérien (acquitté depuis) dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en plein Paris en 1987 de l'opposant Ali Mecili. A cela s'ajoute les pressions de Paris pour une révision des accords sur l'immigration et l'inscription de l'Algérie sur la liste des pays "à risques" dont les ressortissants doivent être signalés à la police lorsqu'ils réservent un billet pour la France. Initialement prévue en 2010, la visite du président algérien en France ne cesse d'être ajournée... Elle n'aura en fait jamais lieu.

La question de la mémoire "inévitable" pour François Hollande

Nouvel hôte de l'Elysée, François Hollande entend à son tour "refonder" la relation franco-algérienne. Il choisit donc de réserver sa première visite au Maghreb à l'Algérie, où il est attendu ce 19 décembre pour une visite de deux jours. Les Marocains ont bien un peu tiqué mais les Français leur ont expliqué qu'il était normal de commencer par l'étape la plus délicate, tout en leur rappelant que le roi Mohammed VI avait été le premier chef d'Etat étranger reçu à l'Elysée après l'élection du chef de l'Etat... Afin de préparer le terrain, le chef de l'Etat a fait un geste en reconnaissant publiquement que des Algériens qui manifestaient le 17 octobre 1961 pour l'indépendance de leur pays "avaient été tués lors d'une sanglante répression" et en rendant hommage à leur mémoire. L'initiative est jugée positive mais insuffisante pas l'Algérie officielle. Quelques semaines plus tard, le ministre algérien des affaires étrangères Mourad Medelci prévient:la question de la mémoire et du passé colonial sera "inévitable" lors de la visite du président français en Algérie. Le "peuple algérien", ajoute-t-il, attend des "clarifications". En réalité, le "peuple algérien" aspire surtout à une vie plus décente ce qui passe, pour l'essentiel, par l'emploi et le logement. François Hollande devra cependant tenir compte de cette rhétorique s'il veut favoriser une embellie entre Paris et Alger. Or telle est bien l'ambition affichée. En visite en Algérie en juillet dernier, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius évoquait un futur "partenariat de grande dimension". François Hollande songerait même à reprendre à son compte l'idée d'un "traité d'amitié" chère à Jacques Chirac. Reste à savoir si l'Algérie d'aujourd'hui, qui est encore celle de la génération de l'indépendance, y est prête.

 

                                                                                           Benaicha Mohamed EL Amine

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